Description du projet

Elisabeth Pélegrin-Genel

Architecte DPLG, urbaniste et psychologue du travail, auteur de « Comment (se) sauver (de) l’open-space ? » et de « 25 espaces de bureau »

« Cela est lié à l’économie collaborative qui, depuis à peine 10 ans, a complétement banalisé l’idée que l’on partage et que l’on se respecte. »

 

La première étape d’une refonte en profondeur des méthodes managériales

Depuis moins d’une dizaine d’années, il y a un intérêt pour l’agriculture urbaine d’abord porté par des projets utopiques d’architectes puis les expériences Montréalaises, New-Yorkaises, puis les Incroyables Comestibles en Angleterre, qui s’est diffusé dans tous les domaines. Ce n’est n’est pas un phénomène de mode, de « bobos », nous pouvons l’observer dans des villes à toutes les échelles.

Cela est lié à l’économie collaborative qui, depuis à peine 10 ans, a complétement banalisé l’idée que l’on partage et que l’on se respecte. Et cela se voit dans tous les domaines, c’est le même principe dans Blablacar et Airbnb qui s’appuie sur un mouvement de confiance et de respect.

Il y a quelques années, l’agriculture urbaine n’aurait pas fonctionné sans cette confiance et ce respect. C’est cette transition qui a permis qu’on transforme l’utopie en essai.

Comment ce mouvement s’est-il inséré dans le secteur tertiaire ?

Dans le secteur tertiaire, il y a une demande d’une relation plus facile à la nature : pouvoir ouvrir la fenêtre, pouvoir se poser sur un banc. Cela s’observe surtout dans des lieux contraints pour faire une « pause de travail », et pas seulement une pause détente.

« De ce fait, il faut aujourd’hui repenser la liaison dedans/dehors sans quoi l’introduction de l’agriculture urbaine resterait totalement marginale. »

 

L’axe prometteur est de repousser cette limite, par exemple : un atrium pourrait devenir une serre qui serait gérée par un public extérieur.

Nous en sommes très loin, mais nous pouvons espérer aller dans cette direction désormais : repenser les atriums, les espaces verts en pied d’immeuble, les toitures, etc.

« La problématique de l’agriculture urbaine et du tertiaire doit débuter par une réflexion sur les conditions du travail dans leur ensemble. »

 

Créer un cadre de travail agréable n’est pas suffisant, il devrait s’accompagner aussi d’une possibilité de télétravail, car il faut prendre en compte aussi les fastidieux trajets quotidiens. Cette réflexion ne se situe pas uniquement à l’échelle du plateau ou de l’immeuble mais devrait inclure les pratiques managériales dans leur ensemble et toute l’organisation du travail. Cette confiance à l’origine du mouvement d’agriculture urbaine n’est pas assez développée dans le secteur tertiaire. Or faire confiance est bien le point de départ de changements possibles.

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d’augmentation de satisfaction au travail en présence d’éléments naturels
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d’augmentation de la productivité des salariés qui possèdent des plantes
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de salariés disposant de plantes témoignant être moins fatigués que leurs collègues n’en disposant pas

Et quelle est la place du concept de biophilie dans cette transition ?

La biophilie est une manière de rénover le discours sur le bien-être des salariés et la rénovation des bâtiments. Pourquoi s’appuyer sur de tels concepts ? Nous adhérons tous au concept de biophilie. Mais ce n’est pas cela qui créera un déclic pour que les salariés puissent s’orienter vers des pratiques différentes au quotidien. Par exemple, même lorsque les salariés bénéficient d’un beau campus avec des aménagements et du wifi, ils hésitent à aller s’y installer pour y travailler. Quelque part, ils craignent le regard et le jugement de leur hiérarchie ou de leurs collègues. Les modes de travail évoluent doucement…

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En ce sens, les aménagements « fertiles » dans les bureaux sont-ils un premier pas vers de nouvelles pratiques managériales ?

Si cela reste au niveau seulement des salariés, pas nécessairement. En revanche, si nous arrivons à créer des partenariats avec l’école à proximité, la maison de retraite, etc. dans ce cas, oui. Cela permettrait de réinsuffler cette solidarité, ce respect bienveillant, à l’origine du succès de l’agriculture urbaine, au sein du monde du travail.

« Cela apportera un nouveau regard sur le lieu de travail. »

 

Il sera un endroit au sein duquel nous nous mélangeons. Cette pratique, encore plus que d’autres, favorise la rencontre et l’échange. Ainsi, c’est une pratique qui a de l’avenir et qui en aura d’autant plus si elle arrive à mixer les publics.