Description du projet

Clément Duroselle & Minh Man Nguyen

Co-fondateurs de WoMa, fabrique de quartier

« Aujourd’hui, on est davantage extasié par quelque chose qui a été fait manuellement que par les produits industriels les plus sophistiqués. »

 

Comment est né Woma et quelle est la spécificité d’un fablab de quartier ?

Le Fablab WoMa est né d’un désir en tant que concepteur de se rapprocher de la matière. Les habitants, en particulier en milieu urbain, ressentent le besoin d’y revenir. Après la révolution digitale et le tout virtuel, il parait important de proposer des espaces où cela soit possible.

La position dans la ville d’un Fablab de quartier a un vrai sens car ce sont les acteurs géographiquement impliqués qui s’y rendent. L’avantage est donc de pouvoir rassembler des compétences transversales dans le quartier.

« Les gens viennent d’horizons divers, ils peuvent avoir des profils marketing, comptabilité, artiste, designer, ébéniste etc… et peuvent faire profiter le reste de la communauté de leurs savoirs divers »

 

Quelles sont les différentes formes de fablab de quartier ?

Il y a différents degrés de fablabs de quartier. La café réparation en est le degré 1, les gens y viennent pour s’entraider sur nombreux sujets, pas seulement la réparation. Ensuite il y a des fablabs comme Mon atelier en ville qui accueille des bricoleurs qui cherchent un espace, des machines et des conseils pour réparer ou fabriquer des objets du quotidien. Enfin WoMa par exemple propose d’accompagner et d’héberger des projets dans une démarche collaborative avec les équipes du fablab.

Malheureusement aujourd’hui le modèle financier oblige les Fablabs à s’orienter davantage vers les professionnels. L’enjeu pour les Fablabs de quartier est donc de consolider leur image envers les particuliers. Certains réalisent régulièrement des ateliers gratuits pour inviter les gens à découvrir ces nouveaux espaces et ce qu’ils peuvent apporter au-delà de la fabrication.

Le projet Grigripixel a réussi par exemple à créer des échanges avec différents Fablabs dans le monde de Casablanca à Bamako afin de fabriquer un Grigri – un objet magique – de manière ouverte et collaborative dans le but de réenchanter les quartiers.

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Fablabs aux états-Unis
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Fablabs en France
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Fablabs en Italie

Comment s’articule l’activité des différents Tiers Lieux dans la ville d’aujourd’hui ?

Nous cultivons les différences entre les fablabs car elles permettent à la fois d’assurer leur complémentarité et d’éviter qu’ils se fassent concurrence. Au sein de la communauté des Makers, c’est donc un maillage urbain qui est en train de s’opérer avec chaque spécificité pour chaque fablab.

« La question s’est posée de savoir ce qu’on peut faire avec des fablabs et non plus un fablab dans la ville ? »

 

Mais la démarche va plus loin. Pour rendre l’activité durable et inclusive, les fablabs doivent s’associer à d’autres Tiers Lieux de fabrication que sont les fermes urbaines, les recycleries…Concrètement, WoMa produit 10 à 20 tonnes de déchets par an, cela nous est apparu pertinent de nous associer à l’association Zero Waste pour la gestion de nos déchets. Tous ces lieux, connectés les uns aux autres peuvent donc commencer une démarche circulaire au sein des villes.

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Qu’est-ce que FABCITY ?

Après le mouvement Fabcity lancé par Tomas Diez dans la ville de Barcelone, nous avons voulu initier Fabcity Grand Paris (en association avec OuiShare, Volumes, Les Arts Codés, Wikihouse Fr) afin de construire un vrai réseau de Fablabs dans la capitale. En France nous avons la chance d’être très actifs dans la communauté Makers.

« Avant nous parlions des Fablabs, aujourd’hui nous parlons de FabCity »

 

FabCity prend les idéaux des Fab Labs – connexion, créativité, collaboration, science, culture et technologie – et les étend à l’échelle de la ville. C’est un modèle urbain innovant dans le sens où les villes changent leur manière d’extraire et d’utiliser les matériaux, en passant du schéma “Produits entrants, Déchets sortants” (PITO – Products In, Trash Out) au schéma “Données entrantes, Données sortantes” (DIDO – Data In, Data Out).

Cela signifie que d’avantage de production est réalisée dans la ville, incluant le recyclage de matériaux et la satisfaction des besoins locaux à travers l’inventivité locale. Les importations et les exportations de la ville seront donc principalement sous forme de données (information, connaissance, design et code). Les thématiques portées par le mouvement FabCity s’étendent bien sûr à la production de biens matériels, alimentaires, de ressources énergétiques et de la santé.